Introduction

juillet 17, 2008

L’objectif général de cette recherche est de questionner la mise en forme du chinois et ses inter-relations avec les caractères latins. Cette recherche, orientée sur la mise en page, sera l’occasion de réfléchir sur la co-existence des deux systèmes d’écriture.

Le développement actuel de la Chine et l’adaptation de son écriture au monde contemporain laisse présager qu’elle sera d’ici quelques années une langue tout aussi importante que l’anglais dans la communication internationale. Face à cette évolution les graphistes occidentaux disposent de peu d’outils pour comprendre l’écriture et la langue chinoise dont la culture a cependant nourrit l’imaginaire occidental depuis des siècles.

Dans un premier temps, le projet a pour but d’éclaircir les méconnaissances de cette culture graphique par l’analyse de ses évolutions et de reconstituter l’Histoire de la mise en page en Chine en la situant par rapport à celle du monde occidental.

Sur cette base, il s’agira ensuite d’explorer graphiquement le champ de ces inter-relations.

Un troisième objectif du projet sera d’éveiller les graphistes chinois sur leur rôle possible suite aux réformes successives de leur système d’écriture. Dans cette voie, un état des lieux des pratiques actuelles sera réalisé et aura pour but de dégager de nouvelles perspectives de mise en page par l’expérimentation ou l’analyse de réussites passées, qu’elles soient chinoises ou occidentales.

Ce projet, basé sur une collaboration entre deux équipes de recherche, l’une à Paris et l’autre à Hangzhou, se veut prospectif et souhaite questionner plus largement les inter-relations entre les cultures.

Contexte de la recherche

juillet 17, 2008

En Chine, la révolution culturelle a conduit, dans les années 70, à l’interdiction de la composition à la verticale de l’écriture chinoise. Ce “retournement” vers le modèle occidental a créé une rupture dans les modes de compositions qui n’a jamais réellement été intégrée et, en niant une tradition millénaire, a conduit à l’oubli un mode de composition qui s’était développé avec les idéogrammes.
Parallèlement, tous les jeunes chinois apprennent désormais les deux systèmes alphabétiques. Tout d’abord, l’apprentissage du chinois se fait par le pinyin, transcription phonétique du chinois en caractères latins. D’autre part, l’anglais étant enseigné dès le plus jeune âge, les jeunes générations chinoises sont habitués à comprendre et à utiliser simultanément les deux alphabets. De ce fait, la coexistence des deux systèmes graphiques est très courante.
Or, tous ces changements n’ont jamais été suivis d’une réflexion graphique.

En France, et plus largement en occident, de nombreuses institutions ou grandes entreprises sont amenées à devoir communiquer en langue chinoise. Que ce soit localement ou pour des projets implantés en Chine.
Ainsi, ces établissements culturels, touristiques ou commerciaux ont besoin d’orienter et d’informer un nombre croissant de sinisants. Les graphistes occidentaux vont donc devoir manipuler fréquemment cette écriture radicalement différente de la leur.
Afin de mener à bien ces projets de communications, il est nécessaire d’avoir des outils pour comprendre et utiliser au mieux ces signes graphiques.

Alors que de nombreux graphistes occidentaux ont et auront à travailler avec la langue chinoise, une certaine méconnaissance de sa culture graphique et particulièrement de la manière de mettre en page son écriture existe.
Ce décalage trouve plusieurs explications.
Tout d’abord, malgré l’intensification des relations entre la Chine et l’Occident depuis déjà plusieurs années, le besoin, en France, de communications en langue chinoise est arrivé subitement et récemment.
De plus, beaucoup d’entre eux sont peu familiarisés avec un système d’écriture très éloigné du leur.
Enfin, l’absence actuelle de véritables canons de composition du chinois fait que l’on dispose de peu d’outils pour s’orienter.

En effet, depuis soixante ans, il n’y a pas eu en Chine de réflexion sur l’intégration du système de composition à l’horizontal. De même, les questions de ponctuation ou sa coexistence avec les caractères latins n’ont été ni posées, ni résolues.
D’autre part, toute la culture traditionnelle de composition verticale du chinois a été oubliée.
Aujourd’hui la Chine utilise donc la même mise en page que celle de l’alphabet latin, mais sans que l’on ait appris de façon systématique les techniques correspondantes pour l’espace typographique chinois.

Objectifs de la recherche

juillet 17, 2008

• Ouvrir la réflexion sur les coexistences de l’écriture chinoise avec les caractères latins (tant celles-ci promettent d’être nombreuses)
• Rendre accessible la culture graphique éditoriale chinoise aux graphistes occidentaux.
• Comprendre le système occidental de mise en page et ses évolutions pour re-penser la composition des idéogrammes à l’horizontal.
• Retrouver les canons anciens éditoriaux de l’histoire chinoise pour en évaluer la pertinence actuelle.

Ces objectifs seront confrontés aux questions suivantes :

• Comment intégrer des signes graphiques (et des formes éditoriales) d’une culture dans une autre ?
• Comment faire co-éxister deux cultures graphiques en préservant leurs intégrités ?
• Comment mettre en page le chinois aujourd’hui ? C’est à dire, comment concilier les réussites passées de la mise en page du chinois avec la situation actuelle de son occidentalisation ?

Programme de recherche

juillet 17, 2008

Basée à la fois sur des enquêtes actuelles et historiques, la recherche trouvera des applications contemporaines sur différents médias pour répondre graphiquement aux problématiques exposées.
Dans un monde globalisé où la Chine est de plus en plus présente, il est désormais impossible de penser la communication internationale sans se préoccuper de l’écriture chinoise.
Cette culture graphique est méconnue de l’Occident et en partie oubliée par les graphistes chinois eux-mêmes.
Il est donc important de revenir sur les différentes étapes de son évolution pour en comprendre les enjeux. Un travail parallèle sur l’occident, permettra de l’éclairer et sera l’occasion de prendre une certaine distance sur nos cultures respectives.
Ce projet se veut comme une recherche appliquée ayant de nombreux terrains d’application. Il questionnera les nouvelles inter-relations graphiques entre les cultures, et ouvrira de nouvelles perspectives sur la mise en page.

Ainsi plusieurs phases seront nécessaires afin d’atteindre les objectifs du projet.

§ Dans un premier temps, l’établissement d’une chronologie comparative de documents fondateurs permettra d’analyser les aspects techniques et culturels qui déterminent l’espace de la mise en page et qui qualifient ses portées fonctionnelles et symboliques dans les deux civilisations.
Parallèlement, cette chronologie sera accompagnée d’une enquête sur l’état actuel de la mise en page en Chine ainsi que d’un état des lieux sur ses inter-relations graphiques avec d’autres cultures, en particulier en France.

§ Dans un second temps, les résultats de la recherche seront publiés suivant trois médias : une exposition, un livre et un site internet. Ils seront le support d’expérimentations graphiques sur la coexistence des deux systèmes.
•L’exposition se tiendra au sein de la 4ème biennale de l’Affiche de Chine et permettra d’explorer la mise en espace, en travaillant sur les différents supports de communication : scénographie, signalétique, cartels, affiche, programmes, site web, …
•Une première publication, éditée en Chine, regroupera l’ensemble des analyses effectuées sur l’histoire de ces deux systèmes de mise en page.
Nourrie par les recherches, elle sera l’occasion de les transposer dans un projet d’édition contemporain.
•Le site internet sera une plate-forme de diffusion de la recherche. C’est aussi un prolongement essentiel et incontournable pour un projet questionnant l’avenir de la mise en page.

§ Dans un troisième temps, il s’agira de formaliser les recherches de principes de mise en page du chinois et de coexistence avec l’alphabet latin. Cette dernière phase s’articulera autour de projets théoriques et pratiques :
•Dans le cadre d’un partenariat, le projet se mettra au service d’une institution pour développer la recherche dans une application concrète.
•Un ou plusieurs outils d’aide à la composition (manuel, site internet, … )seront établis à l’usage de graphistes français et chinois.

Calendrier général

juillet 17, 2008

2008

2e semestre 2008
• Démarrage du projet
• Histoires parallèles de la mise en page — rencontre avec des spécialistes Constitution d’une chronologie illustrée des évolutions de la mise en page en Chine et en Occident. Regroupement de clichés grandeur nature selectionnés pour leurs qualités graphiques et leurs représentativités historiques, dans le but de pouvoir en analyser la composition.
• Concours national pour recruter les 3 étudiants chinois en master qui commenceront le projet en septembre 2008 en Chine.

2008-2009

1er semestre
• Approfondissement de ces deux histoires de la mise en page.
• Recherche d’ouvrages de référence sur la mise en page et la typographie des caratères latins pour en analyser la forme et le contenu.
• Établissement de l’existant — inventaires, interviews et échanges, série d’enquêtes auprès de graphistes travaillant sur les interrelations, ou ayant été en relation avec la Chine.
• Démarrage du projet
• Reprise des recherches chronologiques, surtout pour la période avant l’an 0 et celle du début du 20e siècle jusqu’à 1964.
• Série d’ enquêtes sur l’état de la mise en page en Chine auprès de différents acteurs du métier de l’édition : graphiste/éditeur/écrivain/journaliste/imprimeur/artiste…

• Recherches graphiques sur les inter-relations et sur des modèles de mise en page du chinois

2e semestre
• Invitation d’un professeur de l’ENSAD aux Beaux arts de Chine pour organiser durant deux semaines un atelier sur la typographie occidentale.
• Séjour de deux étudiants de l’ENSAD aux Beaux Arts de Chine pour un semestre dans le but de préparer la publication et l’exposition de la recherche chronologique à la 4e Biennale Internationale de l’affiche en octobre 2009.
• Approfondissement des recherches sur les mises en page traditionnelles chinoises.
• Inventaires graphiques, dans les régions voisines de la Chine que sont le Japon, la Corée, Taiwan ou Singapour, pour analyser le travail de mise en page dans des pays dont certains utilisent les idéogrammes chinois.
• Mise en commun des analyses entre les étudiants français et chinois.

2009-2010

1er semestre
• Exposition de la recherche chronologique à la 4e Biennale Internationale de l’affiche à Hangzhou en octobre 2009.
• Publication du livre rendant compte de la recherche.

• Approfondissement des recherches sur les mises en page traditionnelles chinoises.
• Recherche de partenariats et définition de nouveaux axes de recherches pour la suite du projet

2e semestre
• Invitation d’un professeur de l’ENSAD aux Beaux arts de Chine pour organiser durant deux semaines un atelier sur la typographie occidentale.
• Réalisation et mise en ligne du site internet de l’étude.
• Séjour de deux ou trois étudiants chinois à Paris pour 3 mois afin de suivre des cours de typographie et étudier des livres de référence sur la typographie occidentale.

2010-2011

1er semestre
• Conception d’outils d’aide à la composition du chinois.

2e semestre
• Réalisation des outils d’aide à la composition du chinois.
• Exposition de l’ensemble de la recherche à l’occasion de la 5e Biennale Internationale de l’affiche de Chine à Hangzhou en octobre 2011.

Les institutions responsables du programme

juillet 17, 2008

L’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris

Les origines de l’Ensad remontent à 1766, date de fondation de l’École royale gratuite de dessin. Aujourd’hui, l’Ensad est un établissement public à caractère administratif d’enseignement supérieur, placé sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication.
L’Ensad a pour mission la formation artistique, scientifique et technique de créateurs aptes à concevoir et développer toute réalisation dans les diverses disciplines des arts décoratifs, la conduite et la valorisation de recherches dans ces disciplines.
L’Ensad forme aux métiers du graphisme, du multimédia, de l’audiovisuel, de l’animation, du design (objet, vêtement, textile), de l’architecture intérieure, de la scénographie et à leurs activités annexes.
Son cursus se déroule sur 5 ans. L’enseignement articule l’expression plastique, les techniques, les sciences humaines et les méthodologies de travail des professions. Il conduit à la maîtrise d’une pratique de conception liée à l’un des champs d’intervention de l’Ecole et développe des relations entre les différents secteurs par des enseignements communs et le travail en équipe sur des sujets pluridisciplinaires.
L’Ensad s’est engagé, depuis 2007, dans la mise en place d’un Cycle supérieur de recherche, création et innovation. Il instaure au sein de l’école un pôle spécifique de réflexion et de recherche sur des programmes liés aux domaines de la création, identifiés ou émergents, en relation avec les contextes sociaux, économiques, technologiques, politiques, industriels et culturels du monde contemporain. Les programmes de recherche réunissent des enseignants et élèves chercheurs et sont par nature ouvert aux collaborations et partenariats avec d’autres institutions d’enseignement et de recherche, ainsi qu’avec les acteurs professionnels et industriels, français ou étrangers.

L’Académie des Beaux-Arts de Chine de Hangzhou

L’académie des Beaux-Arts de Chine, fondée en 1928, est l’école d’arts et de design la plus importante de Chine. Elle y offre un panel complet de formations à différents degrés.
L’académie propose un enseignement théorique et pratique dans les domaines de la communication, des beaux arts, du design, de l’architecture et des nouveaux médias. Elle a pour ambition de développer des théories contemporaines qui reflètent l’identité nationale chinoise dans les champs de la création.
Elle a formé nombre d’artistes chinois qui sont devenus des figures majeures de la scène chinoise ou internationale, faisant d’elle une des plus prestigieuses institutions de Chine.

L’équipe de recherche

juillet 17, 2008

Ce projet a été initié par Youmin Yuan, graphiste indépendant et professeur à l’Académie des Beaux Arts de Chine à Hangzhou. Il est l’objet d’une collaboration avec l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.
L’équipe de recherche compte deux enseignants chercheurs et huit étudiants chercheurs travaillant parallèlement en Chine et en France.

Yuan Youmin
Graphiste,
Responsable du programme de recherche,
Professeur de l’Académie Beaux-Arts de Chine à Hangzhou (CAA)

Yuan Youmin est graphiste et professeur à l’CAA (China Academy of Art) au département de communication visuelle et de Design à Hangzhou depuis 13 ans.
Il est également membre de l’organisation de la biennale internationale de l’affiche de Chine et a participé en tant que membre du jury à plusieurs évènements de mêmes natures tel que le festival international d’affiches de Chaumont (France).
Auteur d’articles pour les magazines chinois Nouveau Design, Nouveau Graphisme et Design & Packaging ; il a écrit un livre pédagogique édité en 2004.
Depuis 2006 il travaille régulièrement avec l’ENSAD pour des projets pédagogiques et a dirigé en 2008 l’équipe de recherche en France.
En tant que graphiste il a exposé et obtenu de nombreux prix internationaux.

André Baldinger
Concepteur visuel et Typographe
Enseignant chercheur,
Professeur de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (ENSAD)

André Baldinger est concepteur visuel et typographe suisse. Après des études à Zurich, il arrive à Paris où il étudie pendant deux ans à l’Atélier Nationale de la Création Typographique (ANCT).
En 1995, il fonde son propre bureau. Ses mandats sont liés surtout au domaine culturel, mais aussi celui des institutions et de l’industrie, sans oublier des projets alternatifs, des scénographies pour le théâtre et des projets tridimensionnels.
Créateur des caractères, il a conçu le Newut, le B-Dot et une série des caractères spécifique : la famille de caractères pour l’identité de la Cité Internationale, une police de caractère pour le projet de la signalétique de la Tour Eiffel et le caractère pour une des grande chaines de télé allemande.
Ses travaux sont régulièrement publiés, exposés et primés. En 2005 la Banque Nationale suisse l’a invité à participer au concours des nouveaux billets Suisse.
Il a enseigné pendant plusieurs années à l’Écal à Lausanne, à la HKB à Bern, à l’ANRT à Nancy. Il est membre de l’Alliance Graphique Internationale.

Philippe Millot
Graphiste,
Professeur ENSAD associé

He Jing
Graphiste & étudiante chercheur à l’ENSAD
Elle est diplômée d’une licence et d’un master au département Conception de la Communication Visuelle de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université de Tsinghua de Pékin. Lors de son master, elle réalisa un mémoire intitulé Recherche sur les conceptions systématiques dans les magazines d’arts et culturels, qui fut publié dans un important périodique scientifique chinois.
Elle s’intéresse au domaine de l’édition et particulièrement aux livres relevant de la tradition chinoise. Elle a d’ailleurs déjà travaillée comme graphiste sur la conception de plusieurs ouvrages, dont certains furent exposés et obtinrent des prix nationaux. Elle vit désormais en France où elle a intégré le cycle de recherche de l’ENSAD.

Cécile Bascoul
Graphiste & étudiante chercheur à l’ENSAD
Cécile Bascoul est graphiste indépendante. Elle est diplômée d’un DSAA Créateur Concepteur en communication de l’ENSAAMA Olivier de Serres durant lequel elle s’est intéressée à la représentation graphique de la diversité culturelle. Particulièrement attirée par le domaine du livre et de l’édition, elle a débuté sa formation à l’ESAIG Estienne elle a intégré ce projet de recherche à l’ENSAD.

Emmanuel Debien
Graphiste & étudiant chercheur à l’ENSAD
Emmanuel Debien est graphiste et travaille actuellement, en association avec d’autres designers indépendants, sur les questions d’interfaces. Il a consacré son mémoire de quatrième année à la navigation web, projet grâce auquel il est diplomé d’un DSAA Créateur Concepteur en communication de l’ENSAAMA Olivier de Serres. Avant cela, il est aussi passé par l’ESAA Duperré et vient d’intégrer l’ENSAD pour participer à la recherche.

Graphistes et étudiants chercheurs à l’CAA
Song Xiaoye / Guan Yin / Zhou Xiaowen / Xie Danyang / Fu Ying


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